PLAN DE SORTIE DE CRISE AU CONGO

   Washington DC Octobre 2005


ESQUISSE DU PLAN DE SORTIE DE CRISE AU CONGO
 
PLAN DU DOCUMENT 
INTRODUCTION
 
1. RAPPEL DES ELEMENTS CRUCIAUX DE LA SITUATION ACTUELLE
    
   1.1  Gestion de la transition
   1.2   Gestion courante du pays
   1.3  Pillage et exploitation des richesses du  Congo
    
   2. BREVE ANALYSE DU PROCESSUS ELECTORAL
    
   2.1  Les enjeux des prochaines élections
   2.2  Le montage de la machine électorale
   2.3  Les perspectives pour la paix et le  développement du pays et de la région 
    
   3. CONCLUSIONS ET LECONS DE LA CRISE ACTUELLE EN  RDC

   3.1  La faiblesse de leadership
   3.2  Le disfonctionnement de la formule
   3.3  La cassure entre le pouvoir et le peuple
   3.4  La fin de la légitimité de Sun City
   3.5  Le parti pris de la communauté internationale
    
   4. PROPOSITION ALTERNATIVE POUR LA SORTIE DE CRISE
    
   4.1  Rappel des problèmes essentiels de la crise  et de la transition
   4.2  Les propositions de solution en présence
   4.3  Les scénarios de travail pour la sortie de  crise
   4.4  Le programme prioritaire pour sauver la  transition

   CONCLUSION
    
   INTRODUCTION
    
   La situation tant politique que sociale en  République Démocratique du Congo est très  préoccupante, et constitue aujourd’hui un cas  d’urgence. Si elle n’est pas traitée avec lucidité  et fermeté, elle risque à nouveau de plonger ce pays  dans un chaos indescriptible, engloutissant du même  coup tout le capital d’argent, d’énergies et de  temps investi par la communauté internationale. En  même temps elle compromet toute velléité d’une   véritable stratégie de développement de l’Afrique, qu’il est convenu de penser qu’elle passe   impérativement par un axe fort Afrique du  Sud-RDC-Nigéria vers l’Afrique du Nord. 

Depuis l’Accord Global et Inclusif, (AGI)   péniblement obtenu à la suite du Dialogue inter  congolais (DIC) en Afrique du Sud, la République   Démocratique du Congo est dirigée par un ordre  institutionnel dont le pouvoir exécutif est piloté  par la formule originale : un président et quatre  vice-présidents de la république, résumée en 1 + 4. 
Outre les institutions étatiques, il est prévu un  Comité International d’Accompagnement de la  Transition (CIAT) où siègent un certain nombre des  pays qui jouent un rôle dans la solution de la crise  congolaise, et officiellement appelé de ce fait à  remplir le rôle d’arbitre et de médiateur. 

  Cet ordre institutionnel avait été mis en place  par cet Accord Global et Inclusif pour une durée de  deux ans, en vue de conduire le peuple congolais aux  élections générales, voulues transparentes et  libres, après que certains préalables soient  réalisés. Ces derniers étant considérés comme la  condition sine qua non à la tenue de ces élections.  Ils visent la Paix Sociale et un climat général de  confiance qu’exigent de pareils enjeux majeurs pour  une nation. Ils sont notamment : 
    
   -         la réconciliation nationale ;
   -         la restauration de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du pays ;
   -         l’unification des armées belligérantes  en une seule armée républicaine ;
   -         la réforme des services de sécurité et  notamment ceux des renseignements et de police  nationale ;
   -         l’organisation des élections  démocratiques, libres et transparentes ;
   -         un minimum de dividendes  socio-économiques pour le peuple.
    
  Non seulement le mandat reçu n’a pas été   correctement exécuté, car aucun préalable n’a été  vraiment réalisé à ce jour, mais le leadership 1 + 4  s’est avéré incompétent, corrompu et incapable  d’assurer la gestion courante du pays, et de  répondre aux préoccupations sociales du peuple  congolais. L’irresponsabilité devant les problèmes  primordiaux de paix et de sécurité pour le peuple,  les assassinats, le vol, la corruption généralisée,  le pillage des ressources du pays et l’impunité sont  devenues des pratiques quotidiennes, autant qu’il en  était du temps du régime Mobutu. Et ce constat  s’impose à tout observateur, même non averti, et les  partenaires de la communauté internationale en sont  bien conscients.

    
   1. RAPPEL DES ELEMENTS CRUCIAUX DE LA SITUATION  ACTUELLE

   1.1  Gestion de la transition
    
   En relation avec les préalables de la transition,  les principaux chefs de guerre, désormais chefs des
 composantes qui se sont accaparées de la vie  politique nationale, et potentats de l’espace  présidentiel, n’ont rien entrepris pour faciliter la  réconciliation nationale et l’unification de leurs  milices armées. 
  Ainsi, du fait des faiblesses et/ou de la  complicité du leadership dans le chef du  Gouvernement de la coalition des forces  belligérantes au pouvoir à Kinshasa, la province du  Nord-Kivu et le District de l’Ituri échappent  aujourd’hui encore, au pouvoir central. Alors qu’au  Sud-Kivu des ethnies voisines continuent de se haïr,  et la population congolaise est prise en otage par  des bandes du mouvement politico-militaire des FDLR  rwandais et autres milices infiltrées dans le même  objectif. Le nord-est et l’est du Katanga subissent  le dictat des chefs des milices Maï-Maï qui y sèment  la mort et la désolation.

   Les opérations de brassage des différentes armées,  pourtant prises en charge par des partenaires du  Congo et soutiens de cette transition, se butent aux  pires difficultés du fait de l’absence d’un esprit  d’Etat chez la plupart des dirigeants de la  transition, et de leur demi engagement dans le  processus de paix. Par calculs égoïstes dans le  contrôle du pouvoir, les composantes armées de la  coalition au pouvoir préfèrent garder en réserve des  troupes et milices fidèles, afin de disposer des  éléments de chantage pour proroger la transition, et  se maintenir au pouvoir par la force, en particulier   si les élections n’aboutissent pas aux résultats de  légitimation ou de partage des rouages de pouvoir  escomptés. Le feuilleton à rebondissement de  Nkundabatware et Mutebusi en constitue une parfaite  illustration.

 L’insécurité règne dans tout le pays et surtout  dans les grandes villes : assassinats, banditisme  organisé ou non, vols, viols, rançons, arrestations   arbitraires, non respect des droits humains et  autres, font  otidiennement la une des journaux.    
Le Parlement national (Assemblée et Sénat) composé  des nommés des composantes au pouvoir, peine à adopter les lois électorales et autres lois   indispensables à la conduite de la transition. Il a  fait table rase sur le texte d’une constitution  authentiquement congolaise parce que pensée et  écrite

JEAN MULUMBA

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