Politique Monétaire en RDC
Emission des Coupures à valeur faciale élevée: solution à quel problème?
L’EMISSION DES COUPURES A VALEUR FACIALE ELEVEE :
SOLUTION A QUEL PROBLEME ?
Le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo vient, au cours de la présentation officielle du Plan Stratégique du Développement de la Banque Centrale du Congo et du Système Financier National, faite au Grand Hôtel de Kinshasa le vendredi 27 Août 2004, d’annoncer dans le volet sur la politique monétaire, notamment l’élargissement de l’éventail fiduciaire par l’introduction des billets de 1.000 , 2.000, 5.000, 10.000, 20.000, 50.000 FC couplés avec les cartes de crédit et de débit et le porte-monnaie électronique.
Déjà, certains analystes traitent de mal avertie, toute opinion qui ne salue pas l’émission immente de ces coupures à valeur faciale élevée. Mêm si ce discours sonne du déjà entendu lorsqu’on se souvient que depuis la reforme monétaire du 30 juin 1998, deux autres coupures se sont ajoutées à celles initialement émises à savoir : 200 FC et 500 FC.
Au délà de » l’effet annonce ou effet d’hystérie » qui y sous tend mais largement analysé par le Professeur Kalonji Ntalaja lors de l’émission des coupures de 10.000 NZ, 20.000 NZ et 50.000 NZ depuis mars 1996, analyse du reste d’actualité, il sied de s’interroger sur les raisons exactes de cette politique dont les effets pathologiques sur l’économie ne sont plus à démontrer.
En effet, on ne le dira jamais assez, la mise en circulaton des nouvelles coupures à valeur faciale élevée restera un coup dur , inutilement administré à l’économie du pays.(Kalonji Ntalaja : « les coupures à valeur faciale élevée :effet d’annonce ou effet d’hystérie ? »in notes de conjoncture n°26, avril 1996,pp4-6).
L’objectif de cet article est de montrer , comment depuis les années 67, cette politique a toujours affecté négativement le pouvoir d’achat tant des opérateurs économiques que des menages et servi l’Etat via l’Institut d’émission.
Pour y parvenir, notre article comprendra, outre cette introduction et la conclusion, les points suivants :
- Justificatifs avancé par l’Institut d’Emission,
- Bref parcours historique d’émission des coupures à valeur faciale élevée,
- Effritement du pouvoir d’achat du public
I. Justificatif avancé par l’Institut d’émission
Le justificatif auquel l’autorité monétaire nous a habitué pour rationaliser la mise en circulation des coupures à valeur faciale élevée demeure le fait que la valeur faciale de la coupure la plus élevée est devenue inférieure àson coût de production.Pour le cas sous examen, cela veut dire que le coût de production de la coupure de 500 FC devient supérieur à 500FC.
A ce justificatif s’ajoute au dire de la même autorité la nécessité d’émettre une coupure dont la valeur faciale équivaudrait à 50$US ou 100$US pour faciliter les transations importantes. Pour séduire même les plus sceptiques, on va les coupler avec les cartes de crédit et de débit et le porte-monnaie électronique.
Aussi vrai que cela puisse paraître, la question que le public se pose est celle de savoir pourquoi l’autorité monétaire, en l’occurrence la Banque Centrale, sensée stabiliser les prix à travers divers instruments de la politique monétaire, s’obstine à recourir toujours à cette pratique alors que divers instruments de ladite politique lui permettent de ruguler les prix pour maintenir le coût de production de la coupure de la valeur faciale la plus élevée inférieur à cette valeur faciale et par ricochet d’éviter cette fuite en avant d’émission des coupures à valeur faciale toujours élevée ?
Aussi, il sied d’éclairer l’opinion sur le fait que les cartes de crédit et de débit et le porte-monnaie électronique constituent la monnaie électronique prise en compte comme composante de la monnaie scripturale.
.Son usage s’avère à priori limiter dans les grands centres urbains dotés d’ infrastructures à même d’accueillir ces nouvelles technologies. Alors que la circulation des billets de banque ne fait l’objet d’aucune contraite technologique.
En outre, comme le reconnaît le Gouverneur de la Banque Centrale, dans l’immédiat, la Banque a besoin d’un apport des capitaux frais de 275,0 millions de USD dont 200,0 millions destinés au fonds de roulement et 75,0 millions pour les besoins d’investissements.
Tout porte à croire que la mise en œuvre de ce Plan Stratégique du Développement de la BCC et du Système Financier National est conditionné par la prise en charge par l’Etat et les Bailleurs des fonds du coût de cette exécution et même ces apports sont échelonnés sur une période plus longue allant de dix à quinze ans. Ainsi donc l’émission des coupures à valeur faciale elévée n’étant pas soumise aux caprices desdits bailleurs des fonds risque d’être l’axe principal dudit plan et les promesses des cartes de crédit et de débit et des porte-monnaie electroniques devenir des vœux pieux au même titre que les pièces des sous-multiples du franc congolais promis en son temps.
Nous exhortons ainsi l’autorité monétaire à rendre opérationnel seulement les cartes de crédit et de débit et le porte-monnaie eléctronique et nous éviter l’émission des coupures à valeur faciale plus élevée encore.
II. Bref parcours historique d’émission des coupures à valeur faciale élevée
1.La Réforme monétaire de 1967
La Réforme monétaire du 1967 a permis la mise en circulation de la nouvelle unité monétaire « Zaire »en remplacement du franc congolais suivant la parité interne de 1000 FC
pour 1 Z et la parité externe de 1 Z pour 2$US.
Lors de cette réforme monétaire, la coupure à valeur faciale la plus élevée fût le billet de 10Z, équivalent à 20 $US.
Après le 23 juin 1967, plusieurs coupures à valeur faciale toujours plus élevée avaient été émises par la Banque Centrale, en l’occurrence les billets de 50 Z, 100 Z, 500 Z, 1000 Z, 5000 Z, …
Parmi les objectifs assignés à cette réforme monétaire, on citerait :
· Elimination des restrictions à l’importation et aux autres transactions courantes, ainsi que les abus de ce regime ;
· Stabilisation des prix et retablissement des mécanismes normaux de la concurrence ;
· Relance de la production agricole ;
· Financement des investisemnts publics prioritaires réquis pour le developpement ;
· Retablissement de la confiance des investiseurs dans la stabilité économique et monétaire du pays. (Gaston Lukomo :change et développement au Congo, Inep, 19970-71, p100.)
2.La Réforme Monétaire de 1993
Le 22 octobre 1993, la Banque Centrale a émis des nouveaux signes monétaires « nouveau zaire » en remplacement du zaire-monnaie émise en juin 1967.
Ainsi l’unité monétaire : 1 NZ équivalait à 3.000.0000 Z ( parité interne) et à 0.33 $US ( parité externe).
La coupure à valeur faciale la plus élevée de cette réforme était 100 NZ et comme de coutume, plusieurs autres coupures toujours à valeur faciale plus élevée ont été émises par la suite, notamment :500 NZ, 1000 NZ, 10.000 NZ, 100.000 NZ, …
Plusieurs objectifs ont été assignés à cette réforme dont :
A court terme :
- Réduire l’inflation ;
- Comprimer les coûts d’impression des signes monétaires et faciliter la comptabilisation et le denuement des transactions ;
- Créer un environnement économique favorable à la relance de l’activité économique ;
A moyen terme :
- Rétablir les équilibres fondamentaux de l’économie ;
3. Réforme Monétaire de 1998
En date du 30 juin 1998, la Banque Centrale a procédé au lancement d’une nouvelle unité monétaire « le franc congolais » en remplacement du nouveau zaire.
L’unité monétaire émise 1 FC équivaut à 100.000 NZ ( parité interne) et sa parité externe est déterminée par les forces du marché de change au 30 juin 1998.
La coupure à valeur faciale la plus élevée émise lors de cette reforme fut 100 FC. Déjà deux coupures ont été émises pour la surplanter, à savoir 200 FC et 500 FC.
Au dire de l’autorité monétaire, le coût d’impression du billet de 500 FC devient supérieur à 500 FC, ce qui justifie l’émission d’autres coupures à valeur faciale plus élevée.
L’objectif assigné à cett réforme fut l’assainissement du système bancaire en vue de relancer l’activité de production dans un contexte de stabilité des prix intérieurs et du taux de change.
En, outre, dans sa bronchure intitulée : QUESTION DE L’OPINION SUR LA REFORME MONETAIRE (Mars 1998), l’autorité monétaire declare :
« Question 2.3. quels bénéfices y a-t-il à tirer en fixant la parité interne à 100. 000 NZ ?
La parité interne a été fixée à 1 FC pour 100.000 NZ en vue, d’une part, de faciliter la mutation des prix et l’opération d’échange des signes monétaires et, d’autre part, de dégager des économies en termes de volume de billets à émettre.
Question 2.4. pourquoi ne pense-t-on pas à introduire les pièces de monnaie qui ont une durée de vie plus longue que les billets ?
Effectivement, les autorités y ont pensé. Mais la fabrication des pièces coûte très cher et dure longtemps. C’est ainsi que, pour éviter de faire une réforme monétaire sans sous-multiples comme en 1993, il a été décidé, dans un premier temps, que les sous-multiples soient produits en billets. Il est prévu de les émettre ultérieurement sous forme de pièces. »
En analysant ces propos de l’autorité monétaire, il sied de constater :
- La parité interne du Franc Congolais fixée au 30 juin 1998 n’a pu resoudre le problème du coût de production des billets ;
- Les sous-multiples en billets du franc congolais sont retirés du circuit monétaire rodés par l’inflation et les pièces promises sont releguées au caladre grec.
III. Effritement du pouvoir d’achat du public
Nous allons dans ce point évaluer l’effritement du pouvoir d’achat du public durant ces trois réformes au régard des parités externes déclarées et demontrer l’inéfficacité de cette pratique qui ne fait que ruiner le portefeuille des entreprises et les ménages au profit du pouvoir public et le caissier de l’Etat en recourant au seigneurage.
Le raisonnement en parité extene nous permet de tabler en unité monétaire constante, soit zaire – constant ou franc-constant.1967 | 1993 | 1998 | Sept 2004 |
1 Z=1000 FC =2 $US | 1 NZ=3.000.000 Z =0.33$US | 1 FC=100.000 NZ
| 1 FC=0.0025$US |
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En ramenant ces données en 1967, il se dégage ce qui suit :
En 1967 : 1 Z = 2$US
1 NZ = 6.000.000$US
1 FC = 600.000.000$US
La Monnaie nationale a été dévaluée lors de la réforme monétaire de 1993 à 99.99% par rapport à 1967.
Enfin en septembre 2004, par rapport à la même année de base, notre monnaie a connu une dépréciation de l’ordre de 99.99%.
L’autorité monétaire reconnaît d’ailleurs ce fait lorsqu’elle admet que le capital social de la BCC est passé de NZ 6.000.000, soit l’équivalent de 2.348.366,59 USD à CDF 60, soit moins de vingt cents USD de septembre 1993 à nos jours, soit une dépreciation monétaire de 99,99%. En une décennie, la BCC a émis plusieurs billets à valeur faciale toujours elévée sans resoudre le problème du coût de production des billets de banque.
En conclusion, l’autorité monétaire qui s’apprete à émettre les nouvelles coupures à valeur faciale plus élevée, 1.000 à 50.000 FC, …. sait pertinement qu’elle ne sera pas à mesure de resoudre non seulement le vrai problème de coût d’impression des billets mais auusi et surtout de détourner le public de l’attrait des billets verts par simple émission d’un billet de banque fut –t-il de 40.000FC.
En effet,au-delà du billet, les signes monétaires traduisent comme un thermomètre la santé économico-financière d’un pays ainsi notre monnaie n’est par conséquent que le reflet de notre niveau de production nationale.
Le survol de l’un des volets de notre histoire monétaire que nous venons de faire pour éclairer nos lecteurs prouve à suffisance l’inéfficacité de cette pratique.
De 1967 à nos jours, soit 37 ans durant l’autorité monétaire n’a recouru qu’à cette pratique malgré l’effritement du pouvoir d’achat qui en résulte(-99.99%).On ne le dira jamais assez,le mal est si profond qu’il est temps d’avoir un autre régard sur la production des richesses deconnecté de l’option ultra libérale adoptée par notre pays pour que la monnaie soit un « voile de l’échange « ( Jean Baptiste say) et non un substitut de cet échange car en la
valorisant , elle dévalorise l’homme congolais et la nature devient violente ce qui justifie cette fuite en avant de l’autorité monétaire.
Hélàs le coût des conférences de presse pour nous annoncer une prochaine érosion monétaire aurait peut-être servi à couvrir tant soi peu le coût de l’impression des coupures actuelles
.Ainsi donc laissons aux lecteurs de repondre à notre question du départ éclairés dans sa lanterne.
Franklin MPOTO IYANGO
Economiste
E-mail : mpoto_iyango@yahoo.fr
Par ccn
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| 08/12/2004 12:39
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4 commentaires
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par Anonyme, le Lundi 28 Avril 2008, 09:00
je ai besoins avoir ces differentes politiqueRépondre à ce commentaire
Mr Franklin,
Commentaires
1 -par Ramazani, le Mercredi 5 Janvier 2005, 17:48 Répondre à ce commentaire